Rencontre avec Cécile Bricaud-Thépaut, auteur de « Une vie dans le rétroviseur »

Présentez-nous votre ouvrage

Une vie dans le rétroviseur relate une année de chroniques à bord de mon bus sur le réseau de la ville de Nantes. Il présente notre quotidien, mois après mois, j’y évoque ce qui me plaît dans cette profession, ces kms de macadam déroulés qui me font admirer l’évolution de la végétation au fil des saisons, constater la ville en ébullition, déconstructions, reconstructions, immenses chantiers urbains, les éclairages lumineux sur les bâtiments classiques du Nantes historique, les couchers de soleil sur la Loire. Mais aussi et surtout, les rencontres diverses et variées avec mes collègues mais aussi avec les Nantais provoquent des flash back sur les grandes périodes de ma vie qui me font réaliser qu’il était écrit quelque part que le volant d’un bus serait mon outil de travail !

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

J’ai appréhendé mon arrivée à la Semitan comme une évidence en soi. Premier flash qui me renvoyait à ce collègue que je recherche toujours, cet homme attentionné qui attendait les deux lycéennes, qui a déclenché mon vœu de passer un jour mon permis de transport en commun. Puis, l’arrivée sur le dépôt Sud de l’agglomération qui me faisait rouler sur les routes de mon enfance, ces lignes qui desservent Vertou. A nouveau grandes bouffées de souvenirs alors que je n’étais plus retournée sur les lieux de mon enfance pendant 25 ans. Enfin, le décès de cette mère que j’ai idéalisée, mise sur un piédestal à été le déclic, le besoin de coucher des mots que je laissais venir. Ce n’est qu’en relisant mon travail que je me suis rendue compte de l’importance que j’accordais à son regard, à son assentiment. En arrivant à la conclusion, plusieurs mois s’étaient écoulés depuis sa mort, il m’a fallu alors continuer sans elle, et j’ai pris mes propres repères.

À quel lecteur s'adresse votre ouvrage ?

Je suis moi-même lectrice avant tout et pour avoir échangé sur nos lectures respectives avec mes amies, je sais que nous avons toutes des goûts différents. Quand une collègue m’a fait découvrir “ ripeur “ de Jeff Sourdin, puis que j’ai emprunté “Les tribulations d’une caissière “de Anna Sam et qu’enfin “ La porte ! “de Anne Sari ma plongée dans mon propre univers, j’ai aimé ces témoignages de vies simples et c’est ce qui m’a autorisé à me jeter à l’eau. Puisque j’ai aimé ces parcours de vie, il se peut que mon récit plaise à des lecteurs, leur permette de partager notre quotidien, puisqu’ils peuvent être eux même à bord de mon bus.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Nous avons une profession difficile, avec un environnement de plus en plus stressant, violence, stress lié aux retards. Pour rompre cette spirale je veux apporter un peu de légèreté, ne pas contribuer à cette surenchère. Je peux apporter ma pierre à l’édifice, je refuse cette sinistre dans laquelle je pourrais m’enfermer. Je ne suis pas naïve mais je veux lutter, j’ai trouvé ma place : je veux apporter un Bonjour, un merci, les premiers mots pour construire du lien avec nos usagers que je transporte, qui sont ma mère, ma famille, mes amis et qui me le rendent bien. L’importance des rencontres, enfermez moi dans une loge fermée, et j’arrête d’aller travailler !

Où puisez-vous votre inspiration ?

J’ai un beau fond d’inspiration avec ma profession et tous les clients transportés. J’ai des flash sur certaines scènes qui se déroulent à bord, j’ai tant de contacts, de pauses partagées avec mes collègues que de belles amitiés se tissent au fil du temps.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Pour ce qui est de la suite, je commence déjà à engranger des scènes de vie, des impressions, des échanges, mais ce seront surtout les retours des lecteurs qui me diront la suite à donner.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Je leur souhaite un bon moment de lecture, une découverte de notre profession.


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